lundi 29 décembre 2014

Etre utile

J'ai remarqué que souvent mes moments de spleen se situent dans des phases de ma vie sans grandes activités, sans grands projets ou buts. Pas trop de travail au bureau, ni travaux à la maison, ni sorties entre amis ou famille. Alors, quand cette sensation d'inutilité me submerge un peu trop, quand je me sens vraiment inutile, je me lance dans l’exécution de simples tâches. C'est tout bête mais le fait de se sentir utile à quelqu'un ou quelque chose me fait vraiment du bien. Je pense que le train-train de la vie nous réduit vraiment à l’inexistence, nous transforme en "moutons" qui font les choses machinalement. Il suffit donc de temps en temps de se lancer dans un projet, même infime, pour voir que l'on peut servir à autre chose et se sentir un peu moins transparent. C'est très valorisant...
Je pense que j'ai (nous avons) besoin de nous sentir utile, a une cause, à nos enfants, à nos amis etc. Quel serait le but ou l’intérêt de sa vie sans cela?!?
La cause que j'ai choisis est celle animale. Les animaux qui ont la chance de se "perdre" chez moi seront très bien accueillis : bien nourris (peut être même trop!), bien logés, bien chauffés etc... A chaque petites attentions offertes, je me sens apaisé, valorisé, et aussi utile à ceux que je considère comme mes semblables. Cette bienveillance envers eux me donne bonne conscience peut être? Fais-je cela pour eux ou pour moi? Quoi qu'il en soit, cela me fait du bien et à eux également.
J'aimerais faire plus mais j'ai aussi mon rôle de père et de mari à jouer. A ce niveau aussi j'essaye d'être le plus utile possible : prendre le temps de jouer avec mes enfants (j'aime d'ailleurs entendre "elle est trop bien ton histoire papa!" quand je joue avec eux aux Légos), être le mari le plus aimant possible, m'occuper des tâches quotidiennes de la maison, des petits bricolages qu'impose une maison, etc...
Avec mes amis et le reste de ma famille également j'offre de mon temps dans les domaines qui leur sont utiles (les dépannages informatiques notamment). Rendre service sans ne rien attendre en retour et un bonheur!
Bref, toutes ces petites attentions me permettent de me sentir vivre et exister!
Je pense qu'effectivement, comme le dit l'expression, on peut "mourir d'ennui". Il est donc important d'occuper son esprit et son temps.

Bonnes fêtes de fin d'année à tous!

lundi 15 décembre 2014

"Droit dans mes bottes"...

... telle est ma ligne de conduite C'est à dire être (le plus) proche (possible) de ce que je suis... ce que je pense. De toute manière, je ne peux pas faire autrement, je suis mal à l'aise dans le mensonge et ça se voit. Mon comportement ainsi que ce que je dis, je pense, j'écris, tout cela c'est moi.
Mais parfois, je me demande si ce trait de caractère qui est le mien et qui est celui auquel je ne veux surtout pas déroger est une qualité ou si cela m'apporte du tort. En effet, parfois j'y vais un peu fort...
C'est ainsi que je me suis vu offrir à mon responsable injustement licencié, et que j’appréciais beaucoup, un sextoy estampillé du nom de la société et à la forme très évocatrice d'un abus de confiance et cela dans l'espoir secret que le message subliminal arrive aux yeux de son bourreau. Ou encore retarder, jusqu'à dépasser la date limite, le remplissage d'un questionnaire de bonne conduite à appliquer dans l'entreprise auquel je n'adhère pas, le tout juste pour montrer mon désaccord (la bonne conduite consisterait à dénoncer nos collègues aux comportements douteux... à cela, moi, je préfère d'abord le dialogue). Ou encore ne pas participer (quitte à être le seul) aux "verres de l'amitié" organisés par des responsables d'agences, ces mêmes personnes qui arrivent à cumuler jusqu'à dix congés maladie pour dépression parmi leurs employés ou ces autres qui délocalisent du personnel sans états d'âmes.
Alors, je serai tenté de dire que c'est une qualité d'être dans cette "dynamique" mais le problème est que cette mentalité fait parti d'une minorité. Cette forme d’honnêteté se transforme donc en rébellion... ce que je ne suis pourtant pas. Pire, je pense passer parfois pour l'emmerdeur de service et pourtant, j'essaye d'être le plus arrangeant possible.
Bref, j'ai de plus en plus de mal avec les comportements malhonnêtes, le manque de franchise et de respect.. Le simple fait de regarder un reportage sur les grands supermarchés Américain synonyme pour moi de marketing "enfumatoire" aux méthodes de ventes-sans-scrupules me met mal à l'aise. L'idée de ce monde régit par le profit et la performance me fait peur. Mon mode de pensée va de plus en plus à l'inverse de tout cela.
L'atmosphère de ce billet paraîtra agressif, pour moi, il semble juste honnête... une fois de plus peut être trop...

Illustration : être un honnête méchant ou un gentil menteur?!? personnellement ni l'un ni l'autre

jeudi 4 décembre 2014

Prendre le temps

Le monde moderne, ou plutôt notre façon de le vivre, ne nous permet plus de prendre le temps. Tous les matins, je pressais mes enfants en leur disant "dépêchez vous, on est encore en retard!", "pas encore finit ton petit dej'? on doit aller à l'école!" ou "trente secondes pour mettre tes chaussures?!? mais qu'est ce que tu fabriques!!!". J'essaye désormais de ne plus leur mettre la pression dans ma façon de leur parler mais malgré tout le fond du problème est toujours bien présent.
Il y'a beaucoup de choses que j'aimerai faire mais une fois ma journée de travail effectuée, le temps de trajet accompli, de retour à la maison, il faut s'occuper des devoirs, des animaux, des tâches quotidiennes (ménage, rangement, paperasse etc.).
Les tâches s'accumulent à la manière des patients au service des urgences... Comment gèrent-ils donc leurs files d'attentes? simplement en priorisant par degré d'importance.
J'essaye donc désormais de gérer mon temps en sous pesant l'importance de la tâche à accomplir, en fonction de sa valeur. Il faut prioriser certaines activités par rapport à d'autres, faire le tri entre les tâches réellement utiles, importantes, voir nécessaires, et celles que l'on peut laisser traîner quelques heures/jours de plus.
Je suis un maniac du rangement, je ne supporte pas le bazar (mais je m'arrange avec le temps et les enfants sont une bonne source d'apprentissage dans l'acceptation du désordre!) et si je devais suivre mon instinct, je serais continuellement en train de ranger ce qui serait aussitôt dérangé par mes enfants! inutile donc, perte de temps car ranger une fois par jour revient au même que ranger une fois par semaine. Idem pour le passage de l'aspirateur, si je devais le sortir à chaque miettes trouvées par terre j'y passerai ma vie.
De plus, la notion de tache importante est très subjective. Pour certain, méditer ou courir et un art de vivre, pour moi c'est plus une thérapie. Si je me sens bien, cela se ressentira et se transmettra à mes proches. Si cela est positifs pour eux, ce sera donc positif pour moi... la boucle est bouclée!
Malgré la foultitude de choses à accomplir, il y'a toujours moyen de prendre du temps pour soi. Il ne faut pas attendre que le temps se libère, il faut le prendre ou l'organiser différemment. La preuve en est que malgré le travail qui m'incombe depuis mes nouvelles fonctions, je prends le temps d'écrire sur ce blog. Cela me fait du bien, si je me sens bien, je travaillerais mieux... CQFD!
On passe notre temps dans le futur (à prévoir les choses à accomplir) ou dans le passé (à penser à ce qu'on a mal fait) alors qu'il faut juste apprendre à vivre le temps présent et le sentir s'écouler tout doucement.
Parfois je me surprends à marcher rapidement. Quand c'est le cas, je ralentis simplement mon pas. Ce simple fait suffit à ralentir les secondes, puis les minutes et cela créé du temps pour penser, profiter du paysage.... J'ai souvent lu que le corps influençait l'esprit et que le simple fait de maintenir un sourire permettait de se sentir plus joyeux, ralentir son pas permet donc surement de mieux sentir le temps passer.
Vivre son temps et temporiser sa vie voilà ma recette.

Illustration : la distorsion du temps imposé par le monde moderne!

vendredi 28 novembre 2014

Ne retenir que le meilleur

Pour mon plus grand plaisir, deux hérissons ont élus domicile dans mon jardin. Tous les soirs, je leur remplis une gamelle de croquettes à chat dans l'espoir que leur escale dure le plus longtemps possible.
Un week end, pour occuper ma fille de 12 ans et pour le confort de mes petites bestioles je décide de leur construire une cabane. Nous nous affairons donc à la confection d'un plan (mon perfectionnisme m'est à ce moment d'une grande utilité!) puis je passe à l'achat des matériaux. Je commence la découpe et au moment de l'assemblage, bien évidement, tout ne s'aligne pas au millimètre (cette fois mon perfectionnisme me torture l'esprit!). Je commence donc à m'agacer de cela me plaignant de ma mauvaise précision de découpe. Ma fille assistant à la scène m'interpelle et me dit "mais papa, c'est pas important ça, ce qui est important, c'est que tu fasse une cabane!".
C'est vrai, elle a raison... je me focalise sur des détails insignifiant... Ce qui compte, c'est ce petit confort que je vais offrir à ces "boules d'épines". De plus, sans le savoir, je pense que c'est une belle leçon d'humanité que j'offre à ma fille en me préoccupant du bien être des autres. Voilà ce qu'il faut surtout retenir.
Autre exemple. Un soir sur une radio locale, le sujet de la dépression est abordé. J'écoute l'émission et je constate que, tout comme dans les forums sur internet, ce sont surtout ceux qui souffrent qui témoignent. Ceux qui s'en sortent, qui arrivent à surmonter cette épreuve, disparaissent. Je décide donc d'appeler pour apporter ma petite touche positive. Je raconte donc brièvement mon histoire mais je viens surtout rapidement au fait que ce n'est pas une fatalité, que des méthodes existent désormais pour aider, ou bien déjà juste apaiser un peu (je sais malheureusement que certains cas grave son presque incurable mais le simple fait de témoigner créé du soutien). Une fois raccroché, dans ma tête je repasse en boucle mon passage à l'antenne  et évidement, je porte mon attention sur tout ce que j'aurais pu ajouter, ou mieux expliquer... Puis je finis par me dire que j'ai eu un peu de courage quand même, que peut être certains m'ont entendu et ont repris espoir, pourquoi pas après tout? Voilà, une fois de plus, c'est cela qu'il faut retenir d'après moi...

Parmi mes quelques lectures de psychologie, il me semble avoir lu que naturellement, le cerveau retient les échecs plutôt que les réussites pour une raison simple qui est que les erreurs peuvent être fatales et qu'il peut donc être vitale dans certaines circonstances de ne pas les reproduire (se faire mordre par un chien vous rappellera d'être plus méfiant la prochaine fois!)
Mais nous ne sommes plus à l'époque de la préhistoire et dans un mode de survie. Il est donc d'après moi préférable de retenir surtout nos succès (sans oublier les leçons de nos échecs bien sur!) pour se valoriser car on est jamais mieux servi que par soi même.

1ere illustration illustration : papa et maman hérisson!
2eme illustration : ma cabane imparfaite mais surement fonctionnelle!

jeudi 6 novembre 2014

Acceptation

Parfois, pour pas dire souvent, il m'arrive d'avoir des pensées existentielles. J'aime beaucoup ce genre de débat avec moi même, ces auto-interrogations sur le but de mon existence, de l'existence du monde même...
L'autre jour, en me promenant seul au milieu de ma belle nature, de ma belle campagne et des animaux que je peux croiser, j'ai eu à nouveau ces pensées qui sont venues en moi : "qu'est ce que je suis con à me stresser la vie pour rien!".
Pourtant, quelles sont mes exigences? quasi aucune, un rien me satisfait. Je ne suis pas carriériste et donc passer à côté d'un poste à responsabilité ne me frustre certainement pas!(au contraire, j'ai transmis à d'autres certaines de mes tâches). Je ne veux pas être riche, j'aurai trop peur de changer de comportement et je me sens bien plus proche des personnes qui n'ont rien. Je ne souhaite rien posséder, j'arrive à acheter selon le besoin désormais et non selon l'envie... (mais un progrès est toujours possible, il suffirait d'avoir encore moins de besoin!). Je m'en fous d'être beau ou laid, grand ou petit, avoir une grosse voiture ou une grosse maison...
Alors.... pourquoi je me stresse la vie? peut-être finalement que tout cela me touche....
Peut être parce que je suis malgré tout manipulé par ce monde de la performance qui m'oblige à entrer dans la norme du papa idéal ou être le parfait employé qui doit plaire à son chef et faire un max d'heures pour pas un rond ou encore dans le rôle du parfait copain qui fait rire tout le monde, apprécié de tous... J'ai l'impression que le fait de faillir à ces tâches me rabaisse, me fait perdre des points. Je suis tiraillé entre le besoin de plaire à tout le monde et le fait que ce ne soit pas possible.

Il me suffirait pourtant d'accepter tout cela. Qu'on est tous différents, qu'on aime pas tous les mêmes choses, les mêmes gens, qu'il y'a des personnes plus belles, plus drôles, plus riches, plus intelligentes, qui ont des carrières ou des maisons plus belles.... et que je n'y suis pour rien si ils sont "plus que" que moi... j'aurais fait mon maximum pour moi et ceux qui m’entourent (mes enfants, ma femme...).
Je dois accepter d'être juste moi même... accepter mes défauts sans pour autant être quelqu'un de mauvais parce que je ne suis pas parfait. Je dois accepter que certaines personnes me trouveront moche et/ou con mais que le problème ne vient pas forcement de moi... accepter mes erreurs, dans la vie et dans mon travail, je dois accepter aussi que ce blog ne plaise pas à tout le monde... assumer sans états d'âme ce que je penserais et ferais même si cela déplaît... après tout, ce n'est pas l'avis général qui donne forcement raison.

Pour aller plus loin dans cette acceptation, je dois aussi accepter le fait que certaines choses se produiront, que je le veuilles ou non, qu'elles me plaisent ou pas. La mort, la maladie, les choix de mes enfants (études, lieu d'habitation éloigné etc)... je n'ai pas le contrôle de tout et je peux me tromper...

Me stresser n’empêchera pas les choses d'arriver, au contraire, elles me tarauderont d'autant plus. L'acceptation permet, je pense, de vivre en paix avec moi-même et ce que l'avenir me réserve sans être en permanence sur le qui-vive...

Illustration : "Gru" moche et méchant! et alors? j'fais ce que je veux, c'est mon blog! ;-)... en fait j'ai rien trouvé d'autre à mettre.... les prémices de la page blanche?!?


lundi 3 novembre 2014

Sevrage Paroxetine

Trois ans que je gobe cet antidépresseur... En début de traitement, 20mg tous les matins (avec un petit Lysanxia (anxiolytique) pour me détendre, arrêté au bout de deux mois). Au bout d'un an, je baisse à 10mg. Il y'a trois mois, je suis passé à 10 mg un jour sur deux... Et maintenant, je me lance... plus rien.... (ça parait rien, mais c'est une étape!)
J'ai lu beaucoup de choses sur les forums concernant la difficulté de sevrage. Le problème est que tous les cas sont différents de par les causes, de par la durée de traitement, la posologie etc... L'autre problème est que ceux qui s'en sortent viennent rarement témoigner pour encourager...
L'arrêt de la Paroxetine comporte effectivement de nombreux effets secondaires (liste des plus fréquents sur ce lien sur ce lien). Me concernant les voici, de mon point de vue et de la façon dont je les ai vécu :

  * Angoisse, anxiété : pendant cette phase de sevrage, j'ai retrouvé ces "bons petits moments" de crise d'angoisse. La peur d'être malade, de mourir et de laisser ma famille seule. Peur que mes enfants se retrouvent sans père. Peur de devenir fou, de ne plus me contrôler, de devenir violent A cela s'ajoute les tremblements du corps tout entier, les traditionnels frissons dans le dos qui remontent jusqu'au cou et les claquements de dents. Le bon petit package de la peur, celle qui nous met dans des états de terreur quand on frôle la mort par exemple (accident de voiture évité de justesse, agression etc).
  * Confusion mentale : difficulté à comprendre ou agir normalement. Besoin de plus de concentration pour effectuer plusieurs choses, même juste pour suivre une conversation ou répondre simplement à une question en même temps que d'effectuer une tache quelconque même simple. Dangereux sur la route d'ailleurs, si je cherche ma route, je peux passer à un feu rouge ou griller un stop. Esprit en permanence dans les pensées. Parfois, mes enfants me parlent et je leur réponds même pas. Du coup, je deviens distrait (je perds mes affaires, je me rappels plus ce que l'on me demande) ce qui me donne l'illusion d'une maladie sous-jacente (alzheimer ou autres maladies qui touchent la mémoire... ce qui alimente à nouveau mes angoisses!)
  * Hyper-sudation : grosses bouffées de chaleurs et surtout, sudation extrême. Corps tout entier en sueur, les gouttes perlent sur mes jambes. Le moindre vêtement me donne chaud (une raison supplémentaire pour rester nu chez moi! ;-)
  * Maux de tête : je suis migraineux mais là, les fréquences des maux de tête augmentent. Quasi tous les jours. Mais j'ai quelques médicaments miracle donc, très peu handicapant.
  * Trouble de l'équilibre : léger déséquilibre pendant la marche ou la course. Sensation de pencher voir de tomber.
  * Envie de pleurer : sans raison particulière, variation de l'humeur qui passe de la joie à la tristesse. Un simple pleur de bébé peut me mettre dans des états de spleen démeusurés.
  * Quelques épisodes d'insomnie : tourner pendant 4 heures dans le lit, ça m'arrive quelque fois. Le bon moment pour ruminer! Quand cela arrive, je m'occupe l'esprit jusqu'à atteindre l'endormissement.
  * Troubles sexuels : non! je rentrerai pas dans les détails! ;-)

Je suis actuellement à une semaine sans aucun traitement. Je ne suis donc pas du tout sorti d'affaire encore mais étrangement, je n'ai pour le moment plus aucun de ces symptômes. Je les avais surtout pendant les phases de modification du dosage médicamenteux. Je prenais 10mg un jour sur deux, peut être que cette fluctuation (un jour avec, un jour sans) était la cause de l’apparition des symptômes. Comme si c'était la modification de dose qui amenait les symptômes de sevrage. C'est pourquoi il est important de diminuer trèèèèès progressivement.  La solution sirop (Deroxat) est parfaitement adaptée pour cela. J'y avais eu recours mais trop tôt (au bout de seulement un an, sans profonde remise en question, sans modification d’hygiène de vie, de mode pensée etc), donc rechute mais avec ce sirop on peut doser au mg prêt.

Ce n'est pas la première fois que je tente un sevrage et à chaque fois, alors que j'allais bien, les symptômes dépressifs et anxieux réapparaissaient. Je reprenais donc le traitement. Peut être étais-je prêt et ces symptômes n'étaient liés qu'au sevrage... c'est pourquoi il est important de tenir (dans la limite du supportable bien sur). Pour le moment je me sens bien ainsi mais personnellement, même si je préfèrerai n'avoir recours à aucun médicament, je suis prêt malgré tout à reprendre un traitement de ce type si cette nouvelle tentative échoue et si cela améliore ma qualité de vie. Je considère le mal être et l'anxiété comme un poison, au même titre qu'un médicament donc quitte à s'empoissonner autant que ce soit pour avoir une belle vie.

Je sais, pour le vivre, qu'il est difficile de ne pas retomber dans la prise de médicament mais il faut absolument se convaincre que les symptômes sont liés au sevrage et non à une rechute. Mais ce dernier commentaire concerne ceux qui ont réellement fait des efforts de remise en question. Les médicaments ne guérissent pas, ils redonnent juste les "commandes" de notre esprit le temps de se reprendre en main...

Illustration : structure de la paroxetine... juste pour passer pour un intello' ;-)



mardi 14 octobre 2014

Souffrir à deux, c'est mieux... ?!

Parfois, je me demande si la souffrance est plus légère quand elle est partagée voir même vécue à plusieurs... c'est du moins le questionnement que j'ai face à la réaction de certaines personnes...
La société dans laquelle je travail est en train d'être intégrée dans une autre. Certains collègues ont déjà subis cette absorption. Quand je les ai au téléphone je leur pose donc la question légitime, puisque c'est ce qui m'attend également, des conditions de reprise, tous ont le même discours : "Holala, tu verras, c'est la misère, tout change et pas dans le bon sens! vous allez en baver!"... Là ou moi j'aurais répondu pour essayer de rassurer (alors que je sais pertinemment que certains vont être lésés voir envoyés vers la sortie, inévitable lors d'un rapprochement d'entreprise) "Attendez de voir, tous les cas sont différents et pour le moment, on a toujours du travail, il ne faut pas se plaindre" eux me décrivent un tableau apocalyptique. Je ne sais pas si c'est un trait de caractère de la personne ou la nature humaine mais c'est étrange ce besoin rassurant semble-t-il d'être à plusieurs dans la même galère...
Autre exemple avec ma sœur, mère pour la première fois depuis quelques mois et pour qui parfois les nuits sont difficiles et la fatigue grandissante (comme pour beaucoup des nouveaux parents, ce que j'ai également vécu). En parlant de ma fille qui va atteindre les treize ans, l'âge bête comme on nous le répète assez souvent "Tu vas bien t'amuser avec ta fille, elle arrive dans l'âge où ça va devenir compliqué! et vu son caractère!"... une fois de plus là où moi j'aurais dit "tous les enfants sont différents, je suis moi même passé par là, je ne suis pas devenu délinquant pour autant!". C'est tellement bon de savoir que d'autres vont (peut être) plus souffrir, on se sent moins seul pour traverser la période des couches, des vomis et des biberons.... semble t il?
Mon fils aussi qui dénonce son frère quand il échappe à une punition méritée pour un acte que nous ne l'avons pas vu commettre...
Ce "syndrome" (la jalousie peut être) touche de plus la famille comme les amis, encore plus les ennemis, nous ne sommes donc à l'abris nul part.
Quelle est l'intention de celui qui "rassure" de la sorte? Peut être malgré tout de l'attention, comme pour avertir d'un danger? Ou simplement transmettre la peur..., si c'est le cas, cela fonctionne car la rumination se met en marche (chez moi en tout cas) souvent suite à ces "messages de soutien".
Peut être aussi que ces personnes n'aiment pas voir chez les autres la réussite. C'est énervant pour certains de voir que d'autres traversent la vie sans problèmes peut-être? Pourquoi eux? Encore plus irritant quand cette réussite n'est pas méritée, quand elle est transmise (famille riche, fils de patron d'entreprise...).


Illustration : surement un homme qui veut se sentir moins seul là où il habitera désormais pour toujours. Drôle malgré tout...

vendredi 10 octobre 2014

Juste dose

Samedi soir, invitation chez ma mère avec quelques membres de ma famille. Le repas démarre dans une bonne ambiance, alcool et fromage fondu pour le plus grand bonheur de mes petites rondeurs...
Les repas en soirées s'éternisent souvent et les enfants finissent par tourner en rond. Mon fils commence à roder autour de nous en quête d'une occupation. Pour passer le temps, on décide de lui faire faire quelques opérations mathématiques simples de son niveau, le CE1. Mon fils est bon élève et s'en sort plutôt bien avec l'exercice qui lui a été soumis. Dans un élan de fierté, je lance un petit "tu es intelligent mon fils". Ce message, bien que destiné à mon garçon, arrive aux oreilles de ma mère qui contrecarre en répliquant "arrête de lui dire ça, il va prendre la grosse tête" le tout avec un regard d'agacement (j'ai du lui dire trop souvent peut être?!?). Je sens que cette réflexion m’interpelle, me contrarie... Ma mère a mis le doigt très précisément sur ce qui a manqué à ma construction: la valorisation, cela même qui permet à un enfant de se construire, construire la confiance qu'il aura en lui au travers du regard des autres. Elle me demande donc à cet instant d'appliquer l'erreur qu'elle a elle même commise...
Le repas se termine et je repars donc avec ça sous le bras comme on dit...
J'essaye de ne pas ruminer sans pour autant oublier cette "affaire" car d'un autre côté je trouve que cela mérite réflexion. La survalorisation crée d'après moi des enfants prétentieux ce qui n'est donc pas bon pour autant (quoi que à notre époque.... peut être? mais cela ne correspond pas à mes valeurs et à celles que je veux transmettre). Alors, quel est donc le juste milieu, la juste dose à délivrer à mes enfants? C'est cela d'après moi le bon paramètre. Certains en ont beaucoup besoin, d'autres moins, il faut donc composer en fonction de la personne ce que je fis donc la veille car mon fils est très sensible aux jugements qu'on lui porte.
Mon rationnement est il juste? malheureusement, la réponse me sera présentée que trop tardivement, quand mon fils sera en carence ou en surabondance. Même si le tire reste corrigible, je préfère prévenir que guérir, les guérisons psychologiques étant toujours plus compliquées que la prévoyance (et je sais de quoi je parle!).
Bref, je décide de ne pas changer mes habitudes c'est à dire qu'aux compliments j'ajoute de temps en temps une pincée de désaccord pour qu'il n'oublie pas que l'erreur est toujours possible ce qui rappel que la raison n'est pas infuse et cela permet de garder les pieds sur terre.
Mais je pense ne pas être objectif sur ce sujet vu qu'il me touche en plein cœur...

Illustration : photomontage amusant trouvé au hasard sur internet (merci à son créateur que je ne connais pas!) et qui tombe pile au bon sujet


mardi 7 octobre 2014

Runnning

Le but de ce blog est de partager mon "aventure" dépressive et anxieuse pour en discuter mais aussi et surtout de partager tout ce qui a pu m'aider à m'en sortir. Parmi tous les outils à ma (notre) disposition (médicamenteux, psychologiques, méditatifs etc) j'ai découvert le sport. Je peux même dire que "grâce"  à la dépression, j'ai découvert le footing. J'ai découvert les bienfaits que ce sport procure, les bienfaits psychologique et aussi bien sur physique. Je tenais à écrire ce texte car ce sport m'a aidé à mieux me connaitre, à voir que finalement j'étais capable de faire certaines choses que je ne soupçonnais pas. Ce sport m'a un peu redonné confiance.
Pour décrire un peu mon profil "sportif", je mesure 1,78 mètre, pèse 75Kg. J'ai toujours été un des plus mauvais sportif de ma classe, toujours été dans les derniers aux cross des collèges, le dernier choisi pour constituer les équipes... Le sport ne m'a jamais intéressé, trop fatiguant, aucun intérêt.
Pendant ma phase dépressive et anxieuse, je me suis beaucoup documenté pour savoir quels étaient les changements à apporter dans mon hygiène de vie. Le sport en général revenaient souvent car générateur d'hormone notamment ceux du bien être et du plaisir (endorphines et dopamines). Je me décide donc, sans grande conviction, à courir. J'achète une paire de chaussure "à pas cher" (erreur à ne pas commettre! la paire de chaussure est la chose la plus importante!), je sors un vieux jogging, active un "trackeur" (logiciel permettant le suivi de la course), me crée ma petite playlist favoris et je me lance. Mes premières sorties sont catastrophiques : faible kilométrage et petite durée.. Je ne perds pas espoir et perdure. Malgré toute ma volonté je ne prends aucun plaisir, je suis dans la souffrance, la douleur, le gout de sang me monte même à la gorge à chaque course. Je mets tout cela sur le compte de l'inactivité, commencer le sport à 36 ans, dure dure!
En tant que bon têtu, je continue à ce rythme, une mauvaise course par semaine c'est mieux que rien.
Six mois plus tard, je commence enfin à ressentir un peu plus d'aisance. Une petite barrière psychologique commence à s'éloigner. Le petit démon de la démotivation, celui qui vient vous dire dès les premiers mètres "tu n'y arriveras pas, arrêtes toi dès maintenant, tu te fais du mal, ce sport n'est pas fait pour les non sportifs comme toi!" tarde de plus en plus à se faire entendre. Avec les semaines qui suivent, il finit même par me laisser tranquille tout le long de la course. Ce fut vraiment une étape importante, c'est comme une bride qui saute, une ouverture sur l'infinie des possibilités. A partir de ce moment, les kilomètres ont commencés à s’enchaîner, puis à s'accumuler, tout comme la durée. De 1km, je commence à dépasser les 5km et de 5 minutes, j'arrive à 30 minutes. Faible score encore mais belle progression. Je commence à courir sous la pluie (sous les orages parfois même!) dans la nuit et le froid. Malheureusement, avec la pratique de plus en plus régulière et intense viennent les blessures : douleurs aux chevilles et genoux. Ce qui est d'ailleurs insidieux avec ce sport c'est qu'il libère des endorphines qui empêchent sur le moment de ressentir la douleur, ce n'est que le lendemain que l'on constate et ressent les dégâts. Voyant que ce sport me plait beaucoup, je commence à investir dans du bon matériel : paire de chaussure spéciale running avec semelle sur mesure et adaptée à ma posture, combinaison été, hiver, brassard, gants et bonnet. Je me documente aussi beaucoup car courir ne se fait pas n'importe comment. A partir de là, plus rien ne m'arrête : les douleurs disparaissent et je cours dans le confort. Courir encore et toujours. Plus une semaine sans courir une ou deux fois.
Résultat actuel, en fonction de ma forme, moi, "le non sportif", je cours sans trop de difficultés plus d'une heure pour plus de 10km. Ce n'est sincèrement pas un rythme exceptionnel mais pour l'entretien du corps et de l'esprit il ne faut pas plus. Ce qui est étrange avec ce sport c'est que malgré les douleurs et les difficultés parfois, on a encore et toujours envie d'y retourner. Je comprends mieux les sportifs qui deviennent accro, je ressens moi aussi désormais ce bien être que procurent ces hormones. Le plaisir vient pendant la course, dès les premières minutes me concernant, plus aucune douleur et plaisir absolu, même plusieurs heures après, j'ai même l'impression que la durée du bien être tend à s'allonger à force de courir...

Pour résumer, deux choses importantes : le matériel et le rythme. A chacun son rythme. On se compare toujours bêtement à ceux qui courent mieux, c'est une erreur car on est tous naturellement plus ou moins prédisposés, à chacun ses capacités, on ne peut faire mieux que le meilleurs! Non, le but est juste de trouver le rythme qui permet de courir sans trop être essoufflé, qui permet même de tenir une petite conversation. Peut importe la vitesse, ce qui compte c'est la durée de l'effort.

Illustration issue de mon trackeur NikePlus

mercredi 17 septembre 2014

Pardon

Cela se passe un soir, à l'heure du couché des enfants. Mon plus grand fils est un peu turbulent. Il n’obéit pas à mes demandes (se laver les dents, lire l'histoire...), le tout avec le petit sourire narquois de rébellion qui attise ma colère. D'ailleurs, je la sens monter... puis je cède : je le dispute outre mesure puis l'attrape énergiquement pour l'amener dans son lit où il finira en pleur sans le traditionnel câlin du soir...
Mes états d'âme m'emportent vers le sentiment de culpabilité.
Je rumine cette dispute tout le lendemain.
Puis je conclue que j'ai été excessif, dans la démesure concernant la sentence.
Le soir venu, je décide d'aller voir mon fils pour lui présenter mes excuses : "il faut que je te dise, j'ai été un peu méchant avec toi hier soir, j'étais fâché contre toi mais je n'aurais pas du te disputer comme ça". Mon fils, très émotif, commence à avoir les larmes aux yeux. Comme à son habitude, il mime la fatigue en baillant et en se frottant les yeux surement dans l'espoir que je ne m'aperçoive pas de son émotion. Je suis moi même très ému de voir que ça le touche. Je continue "je ne recommencerai pas, je m'excuse, je suis désolé... pardon". Cette fois, j'applique le traditionnel câlin du soir avec la plus grande tendresse. Il me répond  rapidement pour ne pas entendre le son de sa voix vaciller "c'est rien"... A ce moment je me sens un peu étrange car les rôles sont inversés, un père qui demande pardon à son fils et le fils qui pardonne.

C'est fou comme un simple pardon peu apaiser. C'est comme un poids, celui de la culpabilité, qui nous est retiré. "Faute avouée est à moitié pardonnée" dit le proverbe, c'est vrai et même mieux que pardonnée : "digérée". Fin de la boucle interminable qu'est la rumination, fin de la colère, fin de la rancœur. Alors pourquoi est-ce si dure de dire "pardon" alors que c'est si bénéfique? J'ai jamais eu de mal à accepter mes torts mais toujours eu des difficultés à les dires. Les choses ont changées...

Illustration : Calimero qui demande pardon ;-)

lundi 15 septembre 2014

Perpetuité

J'ai beau connaitre petit à petit mes limites, savoir quand je vais les atteindre et connaitre l'effet que cela aura sur moi si je les dépasse, malgré tout je continue à m'y confronter. Je les frôle, les titille, les provoque...
Pourquoi jouer avec le feu quand je sais que je vais encore me brûler.
J'adore traîner le soir chez moi quand tout le monde est couché, quand il n'y'a plus un bruit, faire ce que j'aime et prendre le temps de les faire, mais je le sais pourtant que le manque de sommeil risque de me mettre dans des états d'anxiété, de stresse, de "bougonnerie" desquels j'ai souvent beaucoup de mal à revenir.
Quand je rencontre des pannes informatiques coriaces, comme encore dernièrement où plusieurs centaines de personnes ne pouvaient plus travailler pendant deux jours, que le mélange de pression et d’entêtement me montent à l'esprit, que je deviens celui qui ne lâche plus son clavier jusqu'à la victoire dans ce combat homme contre machine, que je finis par ne même plus ressentir la fatigue tellement je suis pris dans cet acharnement, plus rien ne compte à part CA, je le sais pourtant que je dois tempérer, me calmer ... mais non.... je m'acharne. Je ne me laisse aucun répit ni repos...
L'alcool qui m’enivre et qui me pousse toujours plus loin. Je le sais pourtant que les lendemains de beuverie sont difficiles. Il n'est pas question de gueule de bois, mais de la recherche dangereuse de cet état de "flottement", de ne plus être capable de réfléchir ou de me concentrer pleinement, de devenir un peu "je-m’en-foutiste", d'accéder à cette ouverture d'esprit qui me permet de voir les choses différemment, de les rendre plus acceptables, mieux tolérées. Quand je repose les pieds sur terre, tout dépend de la "hauteur" prise la veille, mais en général, l’atterrissage, la reprise de conscience, est brutale... et je le sais pourtant que les choses se passent toujours comme cela...
Si je ne reste pas dans les clous, bien manger, bien dormir, rester calme, ne pas abuser de "tout-ce-qui-est-bon-mais-qui-ne-l'es-pas-vraiment" (malbouffe, TV jusqu'à pas d'heure etc), je le sais pourtant, cela me change, change mon caractère, mon état d'esprit.... et pourtant je recommence, encore... et encore.... et pour toujours...
Toujours ces vieux démons qui m'incitent à la débauche... c'est tellement bon de faire ce dont on a envie sans se poser de questions... mais pourtant si mauvais par la suite. Sentiment de culpabilité (trop mangé, encore pris 2 kilos!!), de honte (qu'est ce que j'ai encore raconté hier dans ces élans de confiance!), d'abandon (et voilà, ça recommence les conneries!)... melting-pot émotionnel!
Le seul remède est la reprise en main... qui finit toujours par arriver. Le seul point positif de cette dérive perpétuelle est qu'elle est source d'apprentissage car on en tire toujours des leçons. Le rabâchage est une bonne méthode d'apprentissage finalement!
J'ai un peu peur de comprendre que cet perpétuel recommencement est le propre de l'homme. Pas seulement à mon échelle mais à l'échelle planétaire : nous ne sommes que le perpétuel recommencement, refaire encore et toujours les mêmes erreurs. Malgré que l'histoire soit écrite, que les erreurs commise dans le passé soient connues, on creuse toujours le même sillon.

Illustration : malgré la taille des panneaux, on franchit toujours les limites...

vendredi 5 septembre 2014

Méditation culinaire

Verser 200 grammes de riz rond (petits grains collants après la cuisson spécialement fait pour la cuisine japonaise) dans un petit récipient.
- Regarder la cascade de riz s’écouler doucement et voir l'aiguille de la peseuse s'approcher jusqu'à atteindre son objectif -
Nettoyer les grains à l'eau fraîche jusqu'à en obtenir la clarté.
- Plonger la main dans le récipient, sentir les grains passer entre chaque doigt et voir l'eau fraîche prendre la couleur du riz pour l'en débarrasser, voir le grain s'éclaircir petit à petit -
Verser le riz dans une casserole avec 350 ml d'eau, mettre un couvercle et porter à ébullition (attendre environ 10 minutes).
- Scruter l'arrivée des bulles qui tentent de s’échapper des abords du couvercle -
Baisser le thermostat de moitié, toujours à couvert (environ 3 minutes).
- Sentir le riz embaumer la cuisine et petit à petit le reste de la maison -
Baisser au minimum et laisser le riz s'imbiber totalement (environ 15 minutes).
Pendant ce temps, découper les avocats et le saumon.
- Prendre à pleine main la chair molle et glissante du poisson et enlever la peau au couteau, découper en dé et en tranche. En faire de même pour l'avocat -
Une fois que le riz à complètement absorbé l'eau, verser le vinaigre de riz et éventer jusqu'à tiédir.
- voir le vinaigre s'écouler, s'infiltrer entre chaque grain, sentir et voir l'acidité s'évaporer -
Déposer une feuille d'algue (Nori) sur le petit tapis de bambou (Makisu) et étaler une petite quantité de riz sur les deux tiers de la surface en partant du bas.
- doser la force du poignet pour ne pas écraser les grains -
Déposer sur le lit de riz le mélange de dés d'avocat et saumon.
- prendre les éléments à la main, rechercher l'équilibre entre saumon et avocat -
Enrouler la feuille d'algue à l'aide du tapis de bambou afin de former un tube d'environ 5 centimètres de diamètre.
(humidifier au préalable sur un centimètre le haut de la feuille d'algue afin qu'elle colle une fois le rouleau refermé)
- regarder les éléments s'enrouler sur eux même et se mélanger, sentir et voir le maki prendre forme -
Dérouler le tapis de bambou et découper les maki sur trois centimètres de large environ. Les disposer dans une assiette.
- voir le mélange des couleurs et sentir son estomac se languir -
Former quelques boules de riz à la main et déposer sur chacune une tranche de saumon.
- creuser la paume de sa main pour former un moule à fond rond, malaxer le riz pour en extraire une boule, ressentir la texture visqueuse du riz et sa tiédeur -
Disposer les Sushis dans une deuxième assiette.

Je ne suis vraiment pas un passionné de cuisine mais si il y'a une chose que j'aime faire, ce sont les Suhis et les Makis. La cuisine Japonaise est un art et impose de la patience et de la persévérance. A force de faire, on finit par mieux faire ce qui donne de plus une bonne leçon de morale.
A chaque fois que j'en prépare, je ressens l’apaisement, la hâte..... et la faim!

mercredi 13 août 2014

Manipulation de l'esprit

Arrivée d'un nouvel animal à la maison. Un bébé chat abandonné et récupéré dans un buisson chez une collègue. J'ai toujours voulu avoir plusieurs animaux, j'adore ça. C'est donc l'opportunité d'en compter un de plus!
L'arrivé d'un animal à la maison n'est pas anodin à mes yeux car je les considère comme un membre de la famille à part entière (à quelques différences prêt : je n'impose pas la litière à mes enfants ;-) ).
Je pars donc le récupérer chez ma collègue et fais donc connaissance avec lui. Au premier abord, très affectueux et plutôt joueur, comportement que j'aime.
Arrivé à la maison, cela se complique, la propriétaire des lieux, "vieux gros chat" de bientôt 10 ans, n'accepte pas le nouvel arrivant, qui lui rend bien d'ailleurs. Ça crache, bombage de dos, grognement. Un petit chat qui joue les caïd, c'est amusant...
Me concernant, émotionnellement, je trouve le moment plutôt amusant donc bon état d'esprit.
Arrive le soir. Impossible de laisser les deux "matous" sans surveillance. On laisse donc la matriarche vaquer à ses occupations habituelles du soir et on enferme le nouvel arrivant dans le bureau qui fait office temporairement de dortoir à chaton. Au bout de quelques minutes, miaulement et grattage de porte, le petit réclame sa liberté. Petit pincement au cœur, sortir un chat de la rue, pour le mettre dans une "cage"... Je n'aime pas ressentir la tristesse ou le malheur chez les autres, donc légère émotion de tristesse, mon excès d'empathie qui s'exprime surement... Si je rumine sur sujet, ça risque de m'emmener loin. Mais je décide d'en prendre le risque. Le "principe" de la rumination est de boucler sur ses pensées négatives sans ne jamais en sortir et ne jamais trouver de solution au problème. Je pèse donc tranquillement le pour et le contre. OK je l'enferme MAIS je le sors de la rue où sa vie insignifiante ne l'aurait peut être pas amenée dans une maison pleine d'amour comme la mienne. OK il sera enfermé dans la maison la journée quand je serais au travail MAIS au moins, il ne risquera pas de rencontrer d'autres "bestioles" en tout genre. OK il va se battre un peu avec la doyenne MAIS... elle est vieille et il aura le dessus ;-) mauvaise réponse bien sur, ils seront bien obligés de s'adapter l'un à l'autre, une petit tape sur les fesses le remettra sur le droit chemin de temps en temps...
Le lendemain, je relâche le fauve en constatant les dégâts, ce qui n'est rien comparé au plaisir de le retrouver. Il sort donc dans la joie et nous le fait bien savoir d'un léger coup de tête sous mon menton, il court partout, il saute, joue... à la vue de cette manifestation de joie, je me dis que finalement, j'ai bien fait de le sortir de la rue.

Manipuler ses esprits n'est pas chose facile surtout quand on est bercé par ses états d'âmes négatifs mais cela reste possible et au fur et à mesure que je m'auto-convaincs, je sens ma culpabilité se dissiper tout doucement dans mon esprit jusqu'à me laisser me donner raison sur ce choix que j'ai fait d’héberger ce nouvel animal...

Illustration : "Ticha"


jeudi 7 août 2014

Les goûts et les couleurs

Je me rappel l'histoire insignifiante racontée par un de mes professeurs d'informatique qui avait tendance à parler de tout, et surtout de rien. Il nous racontait qu'un de ses amis haïssait viscéralement la couleur verte. Du coup, beaucoup de ses choix vestimentaires, décoratifs, de voitures, etc. ne contenaient jamais cette couleur. Ce sujet revenait souvent sur la table entre eux : "pourquoi détestes tu à ce point cette couleur? il y'a surement une raison à cela?!?" A force de discussion, il se projeta plusieurs années en arrière, lors de son enfance où ses parents le forçaient, à en vomir, à manger des petits pois. Un rapport? peut être, peut être pas.
Histoire anodine juste pour en venir au fait que nos croyances, goûts, choix, etc s'appuient sur des moments ou traumatismes vécus, même les plus infimes et lointains soient-ils.
D'après moi, nous ne sommes pas les décideurs de nos choix. Les psychologues pensent que le hasard n'existe pas. Je le pense également. Nous sommes le fruit de nos expériences, de notre vécu, de nos déceptions, réussites...
Mes couleurs préférées sont le bleu et le vert. J'ai un profond respect pour la nature. Ces deux couleurs y sont prédominantes. Ceci explique cela.
Mais il n'y'a pas que les couleurs. Certains lieux également m'attirent inconsciemment. J'aime beaucoup les maisons abandonnées. On m'avait demandé une idée de peinture à m'offrir pour noël, j'avais demandé une maison en ruine au milieu de nulle part. Pas très festif ni joyeux comme cadeau mais je voulais quelque chose qui me correspondait, qui correspondait à mon état d'esprit et c'est donc ce choix qui en ressortit.
Quand je croise des maisons abandonnées, je ressens l'envie d'aller la visiter, ça m'attire vraiment, mais quelque chose m'empêche de le faire, une sorte d'appréhension?! J'aime imaginer la, ou les, vie(s) qui s'y sont déroulées. Ces odeurs d'humidité, les murs en décrépitude, m'attirent. Ces états de négligence, d'oubli me correspondent peut être au point de m'attirer. Je pousse la réflexion peut être un peu loin mais d'après moi tout a une explication.
Je cherche à comprendre pourquoi cette attirance pour les maisons oubliées et pourquoi cette peur d'y entrer?!?
La première photo de ce texte est issue d'un site comportant quelques monuments en ruine. Mais pourquoi le choix de celle-ci? pourquoi en visionnant ces monuments en ruine ai-je retenu celle là?!? Le hasard n'existe pas...
Il est question d'une maison Italienne (un moulin en fait) abandonnée, au pied d'une montagne semble-t-il, à l'abri des regards car bien enfouie au fin fond d'une forêt qui d'ailleurs reprend ses droits petit à petit. Cette photo ne montre pas plus que la "carapace" extérieure du bâtiment. Difficile d'en imaginer l'intérieur... A la vue de cette photo, je ressens à nouveau cette envie d'y entrer pour la découvrir plus "intimement"...
Mon histoire doit comporter des similitudes avec ce que dégage à mes yeux cette photo.
En y réfléchissant bien, effectivement, cette maison me représente beaucoup... J'aime la solitude, j'aime le calme et de cette maison se dégage du silence, de la sérénité, voir de la sagesse, celle que l'on acquiert avec la vieillesse... Je suis également quelqu'un de discret tout comme ce bâtiment blotti dans l'ombre, dans le creux de la montage, ni vu ni connu, comme pour ne pas déranger, pour épargner du bruit qu'elle pourrait faire. Mon combat contre la dépression, qui parfois reprend un peu le dessus sur mon esprit est à l'image de la forêt qui arrive au sommet de la battisse, sommet signifiant la victoire de l'un sur l'autre, ce que j'ai vécu il y'a quelques années où l'emprise fut la plus forte. Cette photo me ramène également à une séance chez la psychologue qui apparemment cherchait la faille, l'entaille, la brèche par laquelle se faufiler pour accéder au plus profond de mon esprit et elle y arriva grâce à un sujet très délicat pour moi : mon grand père, ce père de substitution. Une fois la "cible" atteinte, et voyant ma réaction (de la tristesse profonde), elle constata que ma "carapace" était très épaisse mais une fois transpercée donnait accès à toute mon histoire, bas les masques! Tout comme cette bâtisse à l'architecture fortifiée, il faut plusieurs assauts pour pénétrer mon esprit, tenter plusieurs accès et une fois à l'intérieur, on peut tomber sur du bon comme du mauvais. Qui sait ce que nous renfermons tous?!?
Les maisons (les arbres également) représentent en psychologie la protection familiale, celle des parents. Les fissures, les faiblesses, l'équilibre instable de ce bâtiment sont à l'image du manque d’intérêt que j'ai du ressentir pendant mon enfance. Ceci expliquant l’errance que j'ai vécu à même pas 10 ans dans la grand ville où j'habitais, à barouder dans les chantiers en construction en quête d'aventure mais au risque de ma petite vie parfois, à faire des rencontre dangereuses (SDF, drogués et autres quidams en perditions), et faire les pires bêtises, jouer au feu à m'en brûler, le tout sans aucunes réprimandes, sans aucun guide réconfortant pour me tenir la main et la poser sur la bonne rampe. Les limites, les punissions synonymes de dépassement de la zone de sûreté, rassurent, nous en avons tous besoin.

Mon attirance pour les ruines, représentatives de mes états d'âmes (à la différence que me concernant, elles sont plutôt en reconstruction), cette envie (et paradoxalement cette peur) d'y accéder pour mieux connaitre les lieux, s'explique peut être par ce manque de connaissance que j'ai vis-à-vis de moi même et l'envie (la peur) de me découvrir.

Illustration issu de ce site : http://lesmoutonsenrages.fr/2013/03/28/lieux-abandonnes-de-cette-planete/

mercredi 25 juin 2014

Sérénité... oui mais?

L'histoire se passe dans un magasin de pièces détachées. Je dois remplacer la turbine de séchage de mon lave linge. Je me trouve donc dans ce magasin plein de bazar, de machines éventrées, un stagiaire délaissé au fond du magasin, un chien en balade derrière le comptoir... et le vendeur : personne au regard froid, peau du visage abîmée, aucune expression, "court sur patte" ou "bas du cul" comme j'appel ça. Look débraillé, habillé simplement d'un T-shirt, et "coiffé par son oreiller"... A la vue de ses ongles rongés et déformés jusqu'à la cuticule, je devine un homme stressé, anxieux ou énervé. Le genre de personne dont le physique reflète parfaitement le caractère. Un vieux vétéran de la vie en somme. Le ton est donné...
Cela fait déjà trois fois que je viens dans ce magasin (situé à environ 30 km de chez moi), la première fois pour commander la pièce, la deuxième, je viens par erreur (le vendeur m'ayant confondu avec un autre client) et là donc, troisième fois que j'y retourne car averti de la livraison pour m'apercevoir que le grossiste s'est trompé dans la commande. Le vendeur me présente, ou plutôt me jette sur le comptoir, un sachet n'ayant rien à voir avec la pièce que j'attendais...
Comme à son habitude le vendeur ne semble pas embarrassé, aucune excuse, pas une once de "compassion"...  je ne demande pas grand chose, juste un mot pour me faire comprendre qu'il est désolé, l'erreur est possible pour tout le monde. Si je fais le calcul, cette pièce à 25€ m'a fait faire 300km! (au total j'y serais allé cinq fois!). Je suis vraiment motivé à faire mon maximum pour ne plus m'agacer d'un rien, pour ne plus me laisser aller à l’énervement, après tout, est-ce si grave?!? Je pense que pour mon bien personnel (et celui de ceux qui m'entourent), relativiser sur l'importance des choses et les minimiser au maximum permet de vivre plus calmement, plus sereinement. Mais tout de même, quelle est la limite de la sérénité? Certains écrivent "bon" avec un "c". Je veux bien me rabaisser un peu, si cela peut arranger les choses, faire en sorte qu'elles se passent pour le mieux....mais pas jusqu'au manque de respect ou de considération.
L'exaspération commence à prendre le contrôle de mes pensées, je lâche donc "ça commence à me saouler de venir pour rien" sur le coup de la colère et aussi un peu pour titiller la "bête" ou encore par provocation, pour quémander un brin de reconnaissance . Le vendeur, fidèle à lui même me répond instinctivement que si je ne suis pas content je peux aller voir ailleurs, qu'il n'a pas le temps de s'énerver avec un client. Je ressens dans sa façon de parler une habitude vue son aisance dans la hargne qu'il manifeste, une lassitude face aux plaintes régulières qu'il doit recevoir vu son accueil. Toujours aucune considération concernant l'erreur dont je suis la "victime". Aucune proposition d'arrangement (m'envoyer la pièce rapidement? un mois que ça dure...).
En essayant de respecter "mon pacte de sérénité", je reprends mon calme et lui propose de refaire la commande avec lui. Il me demande à nouveau les références de la machine car "on ne conserve pas toutes les références des machines de tous nos clients". Evidemment, je n'ai plus ces documents sur moi... je préfère partir avant de devenir vulgaire (la vulgarité, un des traits de caractère de mon "passager noir" (comme dirait Dexter!), mon gros défaut quand je suis sous l'effet de la colère...).
A vrai dire, j'avais déjà eu à faire à cet énergumène. Je ne sais pas pourquoi mais j'aime m'y confronter (lui ou tout autre personnalité compliquée, difficile, intrigante..). Je ressens le besoin de creuser de force. Toute relation est source de réflexion. Les bonnes comme les mauvaises. J'aime comprendre pourquoi les gens sont comme ils sont, j'aime transpercer leurs carapaces pour les entrevoir à nu ou encore imaginer les vies qu'ils ont subit (car pour devenir comme cela, on ne vit pas la vie, on la subit!)
Je ne pouvais pas rester sur cet accrochage. Ce n'est pas la finalité que j'aime obtenir. L'après midi j'y retourne à nouveau avec les références de ma machine et je repasse la commande. Je tente une nouvelle approche en me justifiant à nouveau concernant la raison de mon emportement, histoire de tourner la discussion plus dans un mode "perso" que "pro". A ce moment, après quelques secondes de réflexion comme pour s'élancer avant un effort, il m'avoue qu'il s'était énervé injustement. Même si cela ne justifie rien, c'est déjà un début de sincérité émanant de derrière l'armure triple épaisseur. Le tout malgré cela, sans le moindre clignement d’œil ou froncement de sourcil, celui que nous avons tous quand nous nous ouvrons aux autres. Il ne pouvait pas faillir non plus à sa réputation d'homme bourru!
Au final j'obtiens quand même ma pièce avec un petit "merci et bon week-end" de sa part.
Une semi victoire pour moi, celle d'avoir réussi à entrouvrir la boite de pandore, avec insistance quand même, et en ayant au final un petit peu dompté les démons qui y étaient cachés...

Illustration : cette #&$*§@ de pièce à la #$ù!


jeudi 5 juin 2014

Psychologie positive

Cela se passe un soir lors d'un footing. Trois jours plus tôt, très mauvais score, je décide donc de prendre ma revanche et coup de chance, mes jambes me portent loin, bien plus loin même que mon souffle le permet (habituellement c'est l'inverse, le souffle est là, mais les jambes sont lourdes).Je commence donc ma course, confiant, je monte les côtes sans difficulté, je double même plusieurs coureurs! A un moment, je poursuis un coureur dans une montée assez rude. En tant que bon disciple de la  psychologie positive et dans ce moment d'effort que je croyais être le sien, je l'encourage d'un "c'est dure hein...allez courage!" de soutien et de compassion au moment de le doubler. Ce à quoi il me répond instantanément "non, pour moi ça va", le tout sans essoufflement!... Sur le moment, je me suis senti un peu ridicule. Finalement, à ses yeux, c'est moi qui semble être dans l'effort et pas lui?!?Je continue ma course en me sentant un peu rabaissé dans son jugement. Mais finalement, je me dis que cela lui a peut être fait "enfler" un peu plus les chevilles lui permettant donc de meilleures performances! Et au final, si l'effet obtenu est bien celui là, alors à moi, cela me va aussi. Nous nous éloignons donc tous deux, lui plus confiant car voyant qu'il ne peine pas là où d'autres sont dans l'effort, et moi qui peut être, en quelque mot, ai donné du courage.
Autre histoire. Je me rappel d'une autre fois, à un passage piéton où j'attendais dans ma voiture que le feu passe au vert. Une personne âgée traverse et tombe en trébuchant, face contre terre, juste devant moi. Je me gare sur le côté et vais la voir pour me rendre compte de son état. Evidemment un peu déboussolée, le nez un peu gonflé, je lui propose de la ramener chez elle en voiture. Ce fut un moment de plaisir assez fort. Pour elle comme pour moi et pourtant ce n'était pas grand chose (et malheureusement éphémère).
La psychologie positive, c'est assez simple finalement, de simples gestes ou attentions qui redonnent du courage, qui donne du plaisir. Ce n'est pas grand chose et cela semble pourtant si difficile à tous! à moi aussi, ce n'est malheureusement pas inné...

Et si tout ça n'existait pas?!?

L'autre jour, en regardant le marathon de Paris, j'ai eu soudainement une sensation de petitesse face à ce fourmillement humain. Que suis-je, seul dans mon canapé, avec ces états d'âme qui n’intéressent personne d'autre que moi?!? que suis-je comparé à l'immensité de ce monde? Avec tout ce qui se passe dans le monde, je ne suis rien de plus qu'une molécule dans l'immensité de cet univers?
Comment est-ce possible qu'en si peu de temps (que sont les siècles comparés à l'existence de ce monde?) l'homme ai pu mettre en scène ce monde si vaste et complexe? Comment a t il mit en équilibre tout cela? Même si le monde n'est pas en paix partout, il se maintient malgré tout. Tout ces bâtiments et monuments si bien pensés et si complexes mis sur pied si rapidement. Comment toutes ces sciences si compliquées ont elles pu être inventées par l'homme? Parfois je me dit qu'elles sont justement compliquées pour ne pas être comprises par le commun des mortels dont je fais parti et pour ainsi laisser libre court à celui qui les pense. On peut faire croire ce que l'on veut au nom de la science finalement car tout peut exister si on peut se passer d'en expliquer la logique ou le fonctionnement.
Et si tout ça n'existait pas?!?
Je suis peut être le fruit d'un rêve qui dure, la pensée d'une personne dans un coma profond, un monde imaginaire ou virtuel contrôlé par je ne sais qui ou quoi, le cobaye d'une expérience scientifique à grande échelle? Suis-je l'acteur principal du film "The Truman show" où tout est soigneusement mis en scène autour de moi? Si les molécules qui composent notre corps pouvaient réfléchir (et c'est peut être le cas) se posent elles peut être les mêmes questions? Nos globules voient peut être la vie comme nous la percevons. Nos guerres sont peut être leurs cancers. Nous faisons peut être nous même parti d'un corps immensément plus grand?
Je ne crois en aucun dieu mais j'avoue avoir du mal à croire que tout cela ne puisse exister que grâce au hasard de l'évolution de l'univers. Je me rappel la discussion que j'avais avec un Musulman qui essayait de me convaincre de l'existence d'un dieu quelconque, il ne pouvait pas croire que tout cela puisse exister sans l'aide d'une divinité. Il me disait "avec l'immensité de l'univers, c'est impossible que le hasard ai pu mettre en scène ce monde. Prend pleins de matériels électroniques et détruit les complètement, tu peux attendre des milliards d'années, jamais ils ne reformeront, grâce au hasard, quelque chose qui fonctionne. Alors pourquoi nous, à partir d'éléments assemblés, soit disant au hasard, nous sommes devenus des êtres humains?"
J'avoue que vu la complexité de notre espèce, comment est-ce possible qu'une forme d'intelligence supérieure n'en soit pas à l'origine?
Une réflexion inutile de plus qui me revient souvent à l'esprit...

mardi 13 mai 2014

De l'autre côté...

Je me rappel étant petit être venu voir ma mère, en pleure, en lui disant que je ne voulais pas mourir. Le soir en m'endormant, j'étais à l'écoute de mon cœur et quand je loupais un seul de ses battements, je me voyais mourant. Je trouve la mort intrigante du fait de l'inconnu qu'elle représente pour moi, moi est mon besoin de compréhension...

Un matin, ma mère arrive bouleversée pour m'annoncer la mort par suicide d'un cousin dont je n'avais plus de nouvelle depuis un bout de temps. Peu avant, il était revenu chez ses parents car il ne se sentait pas bien, le moral au plus bas, l'envie de tout plaquer. Ses parents concluant à un coup de déprime passager comme cela peut arriver parfois et à tous, lui demande de se ressaisir et reprendre sa vie en main. Il repart donc dans le même état qu'en arrivant. Par la suite, plus de nouvelle de lui. Il fut retrouvé avec sa ceinture de judo nouée autour du cou, le visage bleu tuméfié, avec une lettre qui commence par "puisque j'emmerde tout le monde...". Le paradoxe de la lâcheté et du courage. Lâcheté car fuite face aux difficultés de la vie mais courage de l'acte. Cet événement m'a interpellé. Outre les bons moments passés avec lui remontés à ma mémoire, c'est surtout cet acte : que peut il se passer dans son esprit pour en arriver là? j'ai connu un bon niveau de souffrance psychologique mais la sienne devait être ultime?!? Comment peut on outre passer cette "bride" qui nous empêche de franchir le pas? car je pense que nous sommes tous programmés pour la survie. Ou alors sommes nous aussi programmés pour l’autodestruction dans les cas les plus critiques, pour éviter la souffrance, pour accéder à la délivrance quand c'est la seule issue possible? Ou bien est-ce la vengeance ultime envers le manque d'écoute de ses parents. Bref, beaucoup de questions sur le moment et encore maintenant (pour preuve ce sujet). Cela veut il dire que nous pouvons tous en arriver là? Ce mal être insoupçonné nous à tous surpris.
Autre expérience, dans mes années de jeunesse, j'ai eu l'opportunité de travailler pendant les vacances d'été dans le service ambulancier du centre hospitalier de Rouen. J’exerçais en tant que brancardier. Beaucoup de bons moments. Les milles remerciements d'une vieille dame juste parce que je lui avais remit sa montre à l'heure, elle semblait ne plus recevoir de visite, personne pour s'occuper de ce genre de détail, alors pour elle c'était une aubaine (c'est fou comme de simples gestes peuvent avoir une grande valeur aux yeux des autres!). Les rencontres avec les aides soignants, métier formidable... Mais aussi les mauvais moments notamment une mère dont j'emmenais l'enfant d'à peine dix ans dans son ultime chambre où un cancer finira par l'emporter. J'ai en mémoire, et pour toujours, le souvenir de cette dame qui se cachait pour pleurer pour ne pas ajouter cette douleur à celle de son fils. Ou encore une jeune fille que j'emmenait au service psychiatrique pour tentative de suicide suite à une rupture amoureuse. Après une parole maladroite pour lui remonter le moral, j'ai vite compris, au travers de son regarde inexpressif, que ce qui lui arrivait me dépassait, que dans cet état, rien ne peut consoler. Ce fut ma première rencontre avec des états d’âme en souffrance... marquant et perturbant...
J'ai du rater ma vocation, le mal être des autres m'interpelle. J'aimerais leur venir en aide mais je suis moi même trop fragile pour supporter en plus du mien le mal être et la tristesse des autres.

Sujet morbide j'avoue...

lundi 5 mai 2014

Plaisirs simples

Une des méthodes permettant de sortir de l'anxiété (ou de ne pas y replonger) est de profiter des plaisirs simples, d'en profiter mais surtout d'être pleinement présent dans ces moments, d'en être conscient. Simples parce que accessibles rapidement et régulièrement disponibles, à notre convenance, à porter d’œil, de main, de bouche etc...
Me concernant, ils sont nombreux, la nature à elle seule est pour moi une source intarissable de bonheur. Il suffit de regarder simplement les animaux vivre, les plantes pousser, écouter le bruit des oiseaux en forêt... ressentir la nature et s'en imprégner, rien de plus. S'arrêter au milieu d'une forêt et simplement voir et écouter, n'être qu'ici, ne penser à rien, ou en tout cas à rien d'autre...
Un autre de mes défauts (mais tant pis, ils font aussi ce que je suis), me laisser aller aux vapeurs, celles de l'alcool. Les spiritueux assiègent mon esprit finissant par en prendre le contrôle et le rendent plus sensible, plus réactif, plus ouvert, plus vaste! Mon "troisième œil" s'ouvre d'autant plus dans ces moments d'abus volontaire me rendant ainsi plus propice à la réflexion et à l'introspection. Des envies d'écriture me parviennent très souvent dans ces états de transcendance. Je comprends parfois ceux qui s'y abandonne pour ne plus luter...
Le sexe fait aussi parti de ces moments privilégiés (il fait même parti de ceux que je préfère!) ces moments de fusion, de complicité, de douceur, de laisser aller. Se laisser être, faire et se laisser faire, profiter, contempler les formes, les caresser... les embrasser... pour finir par les habiter... Rechercher la zone sensible, tourner autour volontairement, la frôler, pour faire durer le plaisir et finir par l'atteindre permettant la profusion des hormones du plaisir!
Prendre son temps permet également de s'apaiser. Partir et marcher sans but, se promener sans savoir où l'on va pour ne pas s'empresser d'y arriver. Essayer juste de profiter du moment, écouter, sentir et ressentir les lieux. Les odeurs de vieux bois, de vieux livres manuscrits dont j'imagine l'histoire, de rosée du matin, d'herbe fraîchement coupée me rappellent à mes origines : la terre.
Il y'en a beaucoup d'autres, le sport permettant l'accès aux commandes de la récompense en délivrant de petites rations après chaque effort. La méditation fait aussi parti de ces moments de paix intérieure, de calme, de sérénité.
En écrivant ce texte, je me rends compte qu'ils sont même bien plus nombreux que ce que je pouvais imaginer. Je pense qu'il en est de même pour tous, il suffit juste de se poser vraiment la question.
Malheureusement, toutes ces distractions spirituelles ne sont plus accessibles quand l'anxiété prend le dessus. C'est pourquoi dès que son étreinte se relâche, je me gave de ces instants éphémères pour monter le plus haut possible, ainsi la rechute aura plus de chemin à parcourir et prendra plus de temps pour toucher le fond à nouveau...
L'avantage des petits plaisirs simple est que, de part leur simplicité, ils sont nombreux. Les "gros plaisirs" sont plus rare du fait de leur difficulté d'accès (onéreux, long à atteindre etc) et souvent peu changeant (l'investissement pour accéder à ce plaisir doit être rentabilisé). Des études montrent que l'on s'habitue aux mêmes plaisirs (habituation hédonique) pour finir par ne plus les savourer. Pour ma part j'ai donc choisi la quantité plutôt que la qualité évitant ainsi l'usure du bonheur.

Illustration : plaisir accessible à tous, seul ou accompagné ;-)


mardi 15 avril 2014

Amour inconditionnel

Ce que j'admire chez les animaux, et qui manque énormément à beaucoup d'êtres humains, c'est l'amour inconditionnel qu'ils peuvent nous porter.
L'amour que peut avoir un chien fidèle dont le propriétaire vagabond ne peut rien apporter : un minimum de confort, la nourriture suffisante, l'abris etc... Ce chien pourrait trouver tout cela ailleurs et pourtant, il reste.
La belle manifestation de joie et bonheur d'un chien au retour de son maître (qui ne lui rend pas autant d'ailleurs). Rares sont les personnes qui expriment leurs plaisirs avec un tel enthousiasme.
Mon chat que je dispute après une bêtise et qui malgré tout, tous les soirs, vient s'endormir à côté de moi et vient me voir tous les matins pour avoir sa caresse.
Je n'ai jamais fait l'expérience de diminuer sa dose de nourriture ni sa qualité de confort ou le nombre de caresse mais je suis persuadé qu'elle resterait malgré tout et qu'elle reviendrait à la charge pour réclamer ses traditionnelles "papouilles".
Cette fidélité sans limite est une belle leçon à suivre. Une belle leçon d'humilité même. Mon chat se rabaisse à outre passer mes états d'âme, mes sautes d'humeur, fait table rase des punitions parfois injuste. La rancœur n'existe pas chez les animaux, la vengeance non plus.
Heureusement quand même, certains êtres humains ont aussi cette capacité. Malgré tout ce que peuvent me faire mes enfants (et parfois, ils me taraudent pas mal!), rien ne pourra faire que je ne les aimes plus. Même après un gros coup de colère contre eux, après le travail sur ma route du retour, j'ai toujours cette hâte de les retrouver. Alexandre Jollien parlait justement avec humour dans son Petit traité de l'abandon de cet amour sans limite. Il racontait qu'il avait dit à son fils Augustin "tu pourrais mettre le feu à la maison, je t’aimerais quand même." en rajoutant aussitôt "Mais je te le déconseille vivement !". Malgré ce que mon fils de 3 ans peut me dire parfois le soir "je ne veux pas de câlin avec toi avant d'aller au lit parce que tu es trop méchant", parfois le matin, il vient me voir, me tend les bras, et c'est parti pour 5 minutes de bonheur. Au moment de le laisser à la crêche, impossible de partir sans le traditionnel et affectueux bisous ainsi que le "bisou soufflé" à travers la vitre.
Cet amour pure, sans troc et sans triche, est une source de bonheur, un concentré de sincérité capable de faire chavirer mes états d'âmes. Une petite cuillerée chaque matin de ce précieux antidépresseur naturel et c'est une belle journée qui s'annonce.

Illustration : mon "câton"...

vendredi 11 avril 2014

Tout est question de point de vue

Changement de cap professionnel en prévision, encore de nouveaux responsables semble-t-il.
Il y'a quelques jours encore c'était pour moi une source de stress : devoir à nouveau faire mes preuves, apprendre à travailler avec de nouveaux collègues, risquer à nouveau d’être découvert à propos de l’incompétence à laquelle je suis persuadé être soumis.
Le changement me fait peur mais pourquoi? peur de l'inconnu, peur d'échouer?
Ce matin, état d'esprit inverse, première réunion en approche, premiers projets, tout me parait soudainement très intéressant, presque excitant : de nouvelles rencontres, de nouveaux objectifs, déplacements, etc...
Entre hier et aujourd'hui, les choses n'ont pourtant pas changées. J'ai le même train de vie, pour le moment, le même travail, pas de soucis personnels. La seule chose qui a changée réellement est mon état d'esprit.
Une journée qui démarre bien, un rayon de soleil, une femme aimante, des enfants affectueux et les obstacles deviennent d'un coup ridicules, insignifiants.
C'est étrange comme un problème, tout en restant le même, peut perde de sa grandeur tout cela juste en modifiant ses états d'âmes. Finalement, les épreuves ont l'importance et la difficulté qu'on leur accorde.
Les concepts de la psychologie positive m'aident également à dévaloriser ces moments anxiogènes : nouveaux objectifs, nouveaux collègues, nouveaux challenges etc cela signifie que l'on m'accorde de l'importance, de l’intérêt même, que je ne suis pas exclu du cercle des "têtes pensantes", que mon avenir professionnel n'est pas arrivé à son terme. Et quand bien même, je ne suis pas lié qu'à une seule entreprise... Voilà "l'astuce", convertir le négatif en positif. Rien n'est négatif à cent pourcent. Même dans le mauvais il y'a du bon, cela s'applique aussi chez l'humain. Certains de mes collègues bourrus le sont beaucoup moins une fois dépourvus de leur première écorce protectrice, une fois qu'ils se sont laissés aller à la discussion, à l'ouverture d'esprit. Un de mes talents caché est d'arriver à accéder à l'intimité des gens, parfois malgré moi les gens se livrent et je les découvre donc de l'autre côté du masque.
Tout est donc question de point de vue. De l'endroit d'où nous nous plaçons pour observer les choses et les personnes.
Au fil du temps, à force d'écoute et de ressentis, je finis par savoir quelles ficelles tirer pour modifier mes états d'âmes. Me concernant, la fatigue et l'environnement (le temps ainsi que la qualité de mes relations avec ma femme et mes enfants) jouent sur mon caractère. Une simple balade en plein soleil suffit parfois à faire monter mon "confiance-o-mètre" à son maximum. Un simple "je t'aime" de ma femme ou mes enfants et je deviens le plus heureux.
Changer de point de vue permet donc de voir la vie différemment, plus sereinement. Changer ses états d'âme est possible, accessible à tous.

Illustration : tout est possible en changeant de point de vue, même attraper un nuage ;-)

mardi 11 mars 2014

Anxiété

Période de congés scolaires, ma mission, garder mes enfants, 3 contre 1. Ma grande entre dans l'adolescence et mon dernier est en pleine affirmation! ça va être chaud! "Ma douce" n'ayant pas pu prendre de congés, me voilà jeté dans la cage aux fauves et seul!
Début de vacances en douceur, j'essaye d'imposer mon autorité, cela semble bien passer, pas trop de rébellion. Quelques occupations et sorties. Tout se passe finalement bien.
Mais pourtant, une petit anxiété vient faire son apparition. Surement la fatigue liée à ma tâche qui réveil en moi un peu de conflit émotionnel : mettre de côté mes doutes concernant mon rôle de père (le manque de confiance en moi, m'en vouloir énormément des erreurs que je fais avec eux), être juste avec mes enfants en évitant de les rendre triste, faire en sorte qu'ils passent de bonnes vacances (éviter l'ennui... pourtant nécessaire à la construction d'un enfant) etc.
Arrivé en fin de semaine, hospitalisation programmée de ma compagne pour trois jours. Mon rôle ne change pas, je suis toujours seul à m'occuper de mes enfants mais cela désormais jour et nuit. Toujours pas de problèmes particuliers.
Pourtant l'anxiété prend de l'ampleur...
Plusieurs allés et retours à l’hôpital. Petite organisation pour gérer les enfants pendant mon absence. Dans l'ensemble cela se passe bien.
Et pourtant l'anxiété est toujours là, encore plus forte...
Enfin la famille est au complet. Tout le monde est de retour au bercail. Fin des vacances, bientôt reprise du train de vie "normal".
Tout est redevenu comme avant et pourtant, l’anxiété persiste! Pire, les effets secondaires arrivent : difficultés de concentration, problèmes de mémoire, irritabilité, fatigue, maux de tête etc!!!
Je fais face comme je peux mais le fond anxieux est là, il s'est installé, un peu trop...
La nuit dernière, réveil sans raison. J'essaye de me rendormir comme je peux mais une gêne m'en empêche. Les symptômes somatiques font leurs apparitions : frissons dans le cou, petits tremblements, suées. Et émotionnellement c'est l'explosion! J'ai l'impression de devenir dingue, de perdre le contrôle de moi, de ne plus être capable de contrôler mes pensées bref, la crise d'angoisse(huuuummmmm bonheur!!!) Suite à cette montée de terreur, la tension diminue, le calme reprend sa place et je m'endors. Comme si une vanne avait libéré le surplus d'angoisse...

Suite à ce constat, plusieurs interrogations : dois-je considérer cela comme une rechute? Est-ce l'état émotionnel du moment qui m'a chamboulé? la fatigue?
Il y'a au moins plus d'un an que je n'avais pas fait de crise d'angoisse et la puissance de cette dernière est bien moindre qu'à l'origine. Je pense que "anxiodépressif je suis, anxiodepressif je resterai". Je dois juste m'adapter à cela et me dire que cela arrivera de temps en temps. 2 semaines par an d'état anxieux, je devrais tenir...
Autre hypothèse : je ne médite plus depuis plusieurs jours, et je fais beaucoup moins de footing, me laisse plutôt aller à l’énervement qu'à l'apaisement, mange un peu moins sainement (le retour des vieux démons en quelque sorte!). J'ai peut être reçu un petit rappel à l'ordre. Je suis condamné à la bonne conduite...

Illustration : petit dessin "home made" issu d'un état d'âme anxieux... et aperçu de mon look ;-)

mardi 18 février 2014

Déficit de l'inhibition latente

Je me suis toujours posé beaucoup de questions, sur tout, et sur rien...
Sur la nature, les gens, l'univers, le microscopique, "l'énormissime", l'invisible, etc.. Tout me paraissait être source d'information. Je pouvais rester à observer pendant des heures des choses qui, pour certains, paraissent insignifiantes, ennuyeuses.
Quand je discute avec une personne, j'ai l'impression de voir au travers, je l'analyse : un simple froncement de sourcil signifie le doute, un regard fuyant, le mensonge, etc... difficile de me concentrer sur la discussion au final.
Quand je tourne ma clé de contact le matin, pour aller au travail, je peux entrevoir l'acheminement de l'essence dans le moteur, avec précision, sa transformation, puis son explosion, et ensuite tout le mécanisme qui propulsera ma voiture. Je ne suis pourtant pas passionné de mécanique.
Hier encore, je jouais à "l'accident de voiture" avec mon fils de 3 ans. On s'envoyait ses voitures et à chaque collisions, je ne pouvais m’empêcher d'imaginer la tôle vibrer à chaque chocs, les rivets se desserrer légèrement, les points de résistance lâcher un à un jusqu'à ce que le jouet se disloque, je vois tous ces éléments dans mon imagination avec une grande précision. A la simple ouverture du sèche linge que je tente de dépanner, j'imagine son fonctionnement : le flux d'air chaud et la façon dont il est transporté, la purge de l'eau etc.... Quand j'insère un DVD dans le lecteur, je peux apercevoir son faisceau se refléter à la surface du disque, en collecter les informations puis les retranscrire sous forme d'image (je résume pour ne pas saouler le lectorat mais mes pensées poussent le détail à son extrême! ma culture d'informaticien et d’électronicien m'y aide!). Tout ces exemples paraissent anodins, barbants même, mais donne un aperçu de cette vision que j'ai des choses. Quelques exemples parmi tant d'autres qui ne cessent de s'étayer au fil du temps.
Je ne me suis jamais posé la question de la normalité à ce niveau, j'ai toujours pensé que l'on fonctionnait tous de la même manière..
Et un jour, en regardant une série américaine (plus précisément Prison Break), le personnage principal était doté de cette même capacité d'analyse (exagérément sur-développée). Sur le moment, ça a raisonné en moi sans trop savoir pourquoi, pensant que ce syndrome était simplement issu de l'imagination du scénariste.
Dernièrement, je me suis concentré à nouveau sur ce phénomène (qui malgré tout, me laisse dans l'interrogation depuis toujours) et au fil de mes recherches, je suis tombé sur divers forum de personnes souffrant de ce même "défaut". Puis le terme inhibition latente a fait son apparition. Les symptômes (stress, migraines ophtalmiques suivis de céphalées très douloureuses, hypotension etc.) ainsi que les comportements, évolutions et développements des différents écrivains de leur enfance à l'age adulte me correspondent totalement. Dans un mode de fonctionnement normal, cette fonctionnalité du cerveau permet de ne conserver que l'essentiel des informations qui nous parviennent au travers de nos sens. Les personnes défaillantes stockent toutes les informations, sans exception, plus aucun filtrage ni critère de sélection. La vision du monde, des choses, des gens n'est pas superficielle mais profonde. On a besoin de savoir comment et pourquoi cela fonctionne. Les détails n'en sont pas, ils font parti intégrante des choses.
Hier soir, mon fils a dessiné un footballeur en prenant pour modèle un de ses livres. Il n'a pas pu s’empêcher d'ajouter les crampons. Lui aussi a le soucis du détail. Souvent il me pose des questions existentielles : pourquoi ci, explique moi ça. Il invente des méthodes pour faire ses additions, échafaude des techniques et des stratégies au foot. Il a tendance a aller chercher plus loin, plus profond, dans l'information qu'on lui transmet. Je lui ai peut être transmis mon troisième œil, serait-ce donc génétique? Mon père est très habile de ses mains, un "artiste menuisier" capable de tout fabriquer. Ne faut-il pas une réflexion particulière pour cela? Avoir la faculté de concevoir des plans dans son imagination avec la plus grande précision?
Sur tous les forums que j'ai parcouru (exemple ici ou là) beaucoup se plaignent de ce "mal". C'est pourtant une aubaine, un don de la nature. Il faut apprendre à canaliser cette source intarissable car il est vrai que lorsqu'elle nous submerge, elle peut nous empêcher de dormir, voir même, nous met dans des états de nervosité difficiles à gérer.
Paradoxalement, malgré la quantité de donnée emmagasinée, cela m'empêche de me concentrer et répondre rapidement à une interrogation (comme un bureau mal rangé sur laquelle je perds du temps à retrouver un minuscule post-it!). Avoir plein d'informations c'est bien, savoir les retrouver, c'est mieux! Je suis même connu au travail pour mon manque de mémoire alors qu'en fait, ce serait plutôt un manque d'organisation ou de concentration (pour preuve, je ressors souvent des détails insignifiants dont personne ne se souvient).
Ce qui explique ma médiocrité à l'école et un niveau intellectuel normal (ce qui corrobore avec les témoignages que j'ai lu). Le profil scolaire des "souffrants" est souvent le même : élève moyen, scolarité banal et sans difficulté particulière, "monsieur tout le monde"...
Lors d'une de mes crises d'angoisses, ces moments où on perd le contrôle totalement de son corps mais aussi de son esprit, j'ai vécu une de ces "tempêtes" : les informations me parvenaient de partout, des centaines de pensées désorganisées, incontrôlables, et toutes n'ayant aucun lien les unes avec les autres, défilaient dans ma tête. Le problème est donc surtout là : apprendre à organiser et à accéder à cette info-thèque. La méditation à du agir sur ce point car elle apaise et surtout apprend à avoir du recul sur ses pensées,  les voir sans les suivre, sans s'y empêtrer.
Tout ce cheminement permet de me connaitre un peu plus, de comprendre mes choix (l'informatique à du m'attirer du fait de sa source d'information en continuel évolution et source de réflexion inépuisable), mon amour pour la nature et le mystère de sa création, de son existence, sans oublier le corps humain, si magique et pourtant si logique.
Ce billet paraîtra surement ennuyeux pour ceux qui n'ont pas la même "logique" de réflexion (et peut être me prendra-t-on pour un dingo) mais je le publie dans l'idée que d'autres se reconnaîtront (pour provoquer ce que j'ai ressenti en me reconnaissant dans d'autres forums/blogs) et viendront en discuter ici et avec moi.

Première illustration : le fonctionnement du microprocesseur, l'équivalent de notre cerveau, reçoit traite et transmet TOUTES les informations...
Site traitant de l'inhibition latente : http://www.talentdifferent.com/le-deficit-d%E2%80%99inhibition-latente-mecanisme-de-la-creativite-1126.html

vendredi 7 février 2014

Colère!!!

Mercredi, petit désaccord concernant mon remboursement de note de frais. Du coup, je tarde à récupérer mon dû. A plusieurs reprises je contact la personne en charge de cela et à plusieurs reprises elle me dit que je serai remboursé prochainement. Je suis patient... mais les semaines de retard deviennent des mois et j'en suis désormais à deux moi et demi de retard.
Je suis à nouveau en déplacement mais cette fois ci dans les mêmes locaux que la "fameuse" personne en charge de mon règlement. Je n'avais pas prévu d'aller la voir mais en repensant à cette affaire, je sens mon sang bouillir. Étrangement, plus rien ne compte d'autre que d'aller la voir. Inutile de continuer à travailler, je ne pense plus qu'à ça. La colère s'est déjà emparé des commandes de mon esprit. Je prends donc le chemin de son bureau avec pour vitamine la rumination de cette histoire.
Arrivé dans le bureau, ne connaissant pas son visage (nous ne communiquons que par mail) mais ayant une idée malgré tout, je la montre du doigt énergiquement en lui demandant si c'est bien elle. Réponse affirmative de sa part. Je ne tourne pas en rond et vais droit au but de la discussion en exprimant mon fort mécontentement, sans pour autant hausser le ton. Premières explications de sa part dans un grand balbutiement que j’interprète comme une première déstabilisation, un premier round dans lequel je sors vainqueur. Sa réponse ne me convient pas, j'argumente donc avec insistance pour obtenir une explication claire et un remboursement. J’agrémente le tout avec un brun d'humour noir ce qui amène chez certains des collègues de sa tribu (supposé être ses alliés) des petits rictus voir même éclats de rires étouffés, cachés. J'ai donc apparemment le soutien, voir l'approbation de l'assemblée ce qui me donne encore plus l'illusion d'être le dominant dans ce conflit. Le niveau de colère augmentant à force de ressasser cette histoire, je commence à monter le volume de ma voix comme pour achever ma proie. Son regard se détourne et ne sait plus trop où se poser ne trouvant le soutien de personne. Je conclue en "menaçant" de suivre cela de prêt et que je restais aux aguets. Je sors enfin du bureau sans même lui laisser le temps de dire un mot et en lui tournant le dos.

.....

Drôle de récit en terme de leçon de morale mais aussi d'émotions. En sortant du bureau, j'aurais du éprouver un peu de fierté à l'idée d'avoir su exposer mon mécontentement aux yeux de tous, sans gêne ni honte. Surtout que cette même personne est détestée de beaucoup d'autres collègues car ses retards de paiements sont fréquents. J'étais donc là pour moi mais aussi, en quelque sorte, pour la cause de tous les autres plaignants. Ma colère aurait du être assouvie par cette "mise à mort". Mais pourtant, je ressens une sorte de honte par la suite. J'ai honte de moi, honte d'avoir affiché quelqu'un qui a peut être des justifications que je ne lui ai même pas laissé le temps de m'exposer. Honte de ne pas avoir été celui que je veux devenir : un sage plein de morale et de bon sens.

La colère, cette émotions de base, est une belle arme de défense mais aussi finalement, d'attaque. Utilisée à bon escient, je pense qu'elle peut nous sortir des problèmes. Mais utilisée en soupape de sécurité pour relâcher la pression, elle nous met dans états incontrôlable. De là à ce que la violence s'en mêle, il n'y'a qu'un pas.

Illustration : quand la colère prend les commandes de notre esprit, quand elle ne laisse plus place à la réflexions, à la lucidité, nous transforme en bête (dans les deux sens du terme). Nous sommes donc livrés à l'instinct animal.